STATIC SHOT

Chorégraphie : Maud Le Pladec
Musique : Chloé et Pete Harden

©Martin Argyroglo

Première le 27 mai 2020 à l'Opéra national de Lorraine (Nancy)

Conception et chorégraphie : Maud Le Pladec
Musique : Chloé et Pete Harden
Scénographie et lumières : Eric Soyer
Costumes : Koché
Assistante costumes : Laure Mahéo
Assistant chorégraphe : Régis Badel

 

Mercredi 27 mai 2020 à 20h
​Jeudi 28 mai 2020 à 20h
Vendredi 29 mai 2020 à 20h
Dimanche 31 mai 2020 à 15h

À l’Opéra national de Lorraine
Tarif A

40 MINUTES ENVIRON
24 DANSEURS

"STATIC SHOT est mon prochain projet chorégraphique imaginé pour les danseurs du Ballet de Lorraine. Cette pièce qui verra le jour en 2020 repose sur une expérience artistique forte vécue pour la première fois il y a quelques mois : la rencontre de la danse avec le cinéma. En effet, la réalisatrice Valérie Donzelli m’a invitée à participer et collaborer sur son long métrage, «Notre-Dame », fiction dansée qui sortira sur les écrans la saison prochaine. Si cette expérience m’enthousiasmait d’un point de vue à la fois personnel et artistique, je n’avais pas imaginé à quel point celle-ci serait révélatrice d’un désir nouveau et pressant de questionner ma pratique à travers le 7ème art. Loin de moins l’idée d’introduire la projection d’images dans mes pièces. Non, c’est surtout à un niveau sensible mais aussi conceptuel et intellectuel que le choc a opéré. Les résonances de cette nouvelle expérience esthétique m’ayant permis d’ouvrir une réflexion autour du corps et de ses représentations, mais aussi, de continuer à creuser ma recherche sur le mouvement dansé.

LE DISPOSITIF D’UN CINEMA VIVANT

Dans mon travail, je situe la danse du côté de l’abstraction et de la composition, ma recherche étant guidée par une forme de logique de la rationalité: les partitions, les combinaisons, les algorithmes prônent sur une approche purement subjective et empirique. Des mots comme fiction, narration, récit, images, situation, personnages, histoires, caractères, émotions (…) appartenant peu ou prou à mon vocabulaire et au champ lexical de ma création. Pourtant, la danse est une véritable usine à fiction ! Et si cette dernière a rencontré le cinéma tout au long de ces dernières décennies, c’est bien parce qu’elle crée la promesse de l’avènement d’un nouveau corps: un corps en devenir, un corps à construire, un corps qui se fait et se défait, un corps qui se transforme, un corps qui se représente. A partir de là, se pose alors ces questions : comment envisager la rencontre de deux médiums si proches et pourtant si différents que sont le cinéma et la danse ? Et surtout selon quelles modalités ? Où déterminer le point de regard ?

Pour STATIC SHOT, j’imagine un dispositif scénique bien spécifique, entre pièce chorégraphique, installation scénique et dispositif cinématographique, la pièce se montre tel un plan fixe ou plan séquence, un huis clos ou encore un cadre fixe dans lequel la « caméra », ici le mouvement et le regard, ne s’arrêtent jamais. Un voyage immobile en quelque sorte. La plasticité des images, la représentation des corps mais aussi l’énergie et les flux seront constitutifs de cette scène dont la danse, d’une extrême précision et d’une haute intensité, ne quitte jamais son apogée. Les nuances, allant du mezzo forte au fortississimo, feront de cette pièce un crescendo permanent, invitant les spectateurs à participer à une extase sans fin.

La dramaturgie de la pièce, pensée comme un « bloc » de corps, d’images et de sons, ne comprendra ni début, ni milieu, ni fin. Tel un climax permanent, le groupe de danseurs (que j’imagine entre 18 et 24 personnes pour le moment) tiendra ensemble ce point culminant, l’énergie devant toujours se trouver à son zénith. Comment se pense alors la question de la tension, de l’extase, de la jouissance ensemble ? Mais aussi du relâchement, de la respiration ou de la disparition ? Dans STATIC SHOT tout racontera les corps, comment ils interagissent, comment ils n’arrivent pas à interagir, comment ils excèdent, comment ils se meuvent, comment ils vivent ou survivent, comment ils s’abandonnent, comment ils s’attirent, comment ils se mêlent, comment ils s’entrechoquent, comment ils transpirent, comment il se transforment, comment ils ne meurent pas (…) Derrière un pitch ou situation simple, soit une scène de panique, une fête ou encore un rassemblement (…) se trouveront des questions plus complexes: « que se passe t’il si j’ai trop de plaisir ? « qu’est-ce que « l’angoisse de l’extase »? « Et si le plaisir devenait un motif de tension ? » (…) La danse pouvant raconter les changements autant que des préservations d’états."

Maud Le Pladec


© Nicolas Despis

Maud Le Pladec

Après avoir suivi la formation exerce au Centre chorégraphique national de Montpellier, Maud Le Pladec est interprète pour plusieurs chorégraphes comme Georges Appaix, Loïc Touzé, Mathilde Monnier, Mette Ingvartsen ou encore Boris Charmatz. En 2010, elle crée sa première pièce Professor, premier volet d’un diptyque autour de la musique de Fausto Romitelli puis en 2011, elle créé le second volet : Poetry. En 2013, Maud Le Pladec est lauréate du programme Hors les Murs de l’Institut français et effectue une recherche à New York sur le courant de la musique post-minimaliste américaine qui donnera naissance à Democracy avec l’Ensemble TaCtuS et Concrete avec l’Ensemble Ictus. En 2015, elle initie un nouveau cycle de créations autour de la parole donnée aux femmes en co-créant Hunted avec la performeuse new-yorkaise Okwui Okpokwasili. En 2016, elle travaille à l’Opéra national de Paris sur Eliogabalo avec le metteur en scène Thomas Jolly et sous la direction musicale de Leonardo Garcia Alarcon. Parallèlement, Maud Le Pladec est artiste associée à La Briqueterie – CDCN du Val de Marne. Depuis janvier 2017, elle succède à Josef Nadj et dirige le Centre chorégraphique national d’Orléans. Elle a créé depuis Borderline avec le metteur en scène Guy Cassiers, Moto-Cross et Twenty-seven perspectives pour le Festival Montpellier Danse 2018.