Un Bolero

Un Bolero

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Partage

jeu. 25 mai 2023 — 20h

Opéra national de Lorraine

ven. 26 mai 2023 — 20h

Opéra national de Lorraine

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Une pièce de l'association Les porteurs d'Ombre

Durée : 18 minutes

Chorégraphie
Dominique Brun & François Chaignaud
Interprétation
Danseurs du CCN - Ballet de Lorraine
Assistante
Judith Gars
Recherches historiques
Dominique Brun et Sophie Jacotot
Photographies des archives
Ivan Chaumeille
Musique
Maurice Ravel
Arrangements musicaux
Robin Melchior
Costume
Romain Brau
Scénographie
Odile Blanchard - Atelier Devineau
Direction technique
Christophe Poux
Lumières
Philippe Gladieux
Régie lumière
Alban Rouge
Son
Eric Aureau
Chorégraphie
Dominique Brun & François Chaignaud
Interprétation
Danseurs du CCN - Ballet de Lorraine
Assistante
Judith Gars
Recherches historiques
Dominique Brun et Sophie Jacotot
Photographies des archives
Ivan Chaumeille
Musique
Maurice Ravel
Arrangements musicaux
Robin Melchior
Costume
Romain Brau
Scénographie
Odile Blanchard - Atelier Devineau
Direction technique
Christophe Poux
Lumières
Philippe Gladieux
Régie lumière
Alban Rouge
Son
Eric Aureau

jeu. 25 mai 2023 — 20h

ven. 26 mai 2023 — 20h

Partage

Le boléro est une danse qui apparaît en Espagne au XVIIIe siècle. Bolero doit aujourd’hui sa renommée et sa majuscule, au compositeur Maurice Ravel (1875-1937). Avant de reprendre son autonomie, cette musique avait été composée pour un ballet. En 1928, Ravel et Nijinska – qu'on appelle aussi « La Nijinska » – se retrouvent impliqués, par leur commanditaire Ida Rubinstein (1885-1960), dans un « ballet à caractère espagnol ». Ravel décide d'orchestrer six pièces extraites d’Iberia d'Albeniz mais un problème de droits va le détourner de son objectif. Et le compositeur s'engage à contrecœur – selon ses mots vers « un thème qui ne va pas durer une minute mais que je vais répéter jusqu’à 18 minutes en comptant » qui devient le Bolero. Quant à Nijinska, elle détourne le livret de Ravel qui situe l'action au sortir d'une usine et l'introduit dans une taverne : sur une table, une danseuse danse sous la lampe « devant vingt mâles fascinés par l'incantation charnelle d'une seule femme ». La première représentation fut donnée à l’Opéra Garnier, le 22 novembre 1928. 

Un Bolero que Dominique Brun chorégraphie aujourd'hui, avec et pour François Chaignaud, dérive de ce tout premier Bolero, il s'en détourne aussi. S'il emprunte à la chorégraphie de 1928 la table sur laquelle évolue la danseuse et la basquine de sa robe espagnole, quelque photographies et notes de Nijinska, il convoque aussi d'autres mémoires qui « aiment à chasser dans le noir » : celles de Kazuo Ōno (1906-2010) et de Tatsumi Hijikata (1928-1986). Dans les années soixante-dix, ces derniers rendent hommage ensemble à une autre danseuse de la même époque que La Nijinska : La Argentina (1885-1960), en déclinant de façon incroyablement inédite l'image iconique de la danseuse de flamenco au plus près d’une « révolte de la chair ». Vêtu d’une longue robe, le danseur alterne tournoiement, staccato du pied, ralenti des bras et du torse, son corps entre en résistance avec la martialité du rythme pour mieux déjouer l’autorité de la musique.



Production Les porteurs d’ombre

Coproduction Association du 48 | Le Volcan, Scène nationale du Havre | Chaillot - Théâtre national de la Danse | Les 2 Scènes - Scène nationale de Besançon | Théâtre du Beauvaisis - Scène nationale | Le Quartz - Scène nationale de Brest | Théâtre Louis Aragon, Scène conventionnée d’intérêt national Art et Création – Danse de Tremblay-en-France | Ménagerie de Verre (Paris) | CCN Ballet de Lorraine | La Briqueterie - CDCN du Val-de-Marne | Le Grand R - Scène nationale La Roche sur Yon | Cité musicale-Metz | CCNN dans le cadre de Danse en Grande Forme | Les Quinconces-L’Espal Scène nationale du Mans | Théâtre de Suresnes Jean Vilar

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Dominique Brun

Interprète et chorégraphe, Dominique Brun est co-fondatrice de la compagnie La Salamandre (1980 à 1988) avec laquelle elle obtient le troisième prix au concours international de Bagnolet (1981) «  Le Ballet pour demain », et également co-fondatrice du Quatuor Albrecht Knust (1994 à 2003) avec lequel elle recrée de danses du répertoire historique à partir de partitions établies en système Laban. Après la dissolution du Quatuor Albrecht Knust, Dominique Brun crée Siléo (2004) à partir d’un texte de Wajdi Mouawad et de danses de l’entre-deux guerres signées Valeska Gert, Kurt Jooss, Dore Hoyer, Doris Humphrey, Mary Wigman.

En 2007, Dominique Brun réalise un DVD pédagogique consacré à L’Après-midi d’un faune (1912) de Vaslav Nijinski. Sur l’invitation de Jan Kounen, elle recrée à partir d'archives de l'époque des extraits du Sacre du printemps de 1913 de Nijinski pour le film Coco Chanel & Igor Stravinsky (2010). 

Soutenue par L’Association du 48 dirigée par le danseur et chorégraphe Sylvain Prunenec, elle prolonge ses recherches sur le « Sacre » par un diptyque : Sacre # 197 (2012) et Sacre # 2 (2014). Elle conclut ce cycle consacré à l’œuvre de Nijinski par la création de Jeux – Trois études pour sept petits paysages aveugles (2017). Vient ensuite Les Perles ne font pas le collier pièce qu’elle co-signe et danse avec Sylvain Prunenec (2018).  Elle crée enfin Le Poids des choses & Pierre et le Loup, son premier spectacle à destination du jeune public (et tout public) à partir du système de l'Effort de Rudolf Laban (2019).

Parallèlement aux recherches qu’elle mène sur le mouvement, Dominique Brun développe un goût artistique privilégié pour les relations qui s’établissent entre musique et danse. En 2016, la rencontre avec l’orchestre Les Siècles sous la direction de François-Xavier Roth donne lieu au partage d’un même plateau, celui de la Philharmonie de Paris, autour d’un projet Hommage à Nijinski qui tourne jusqu’en Chine.

Dominique Brun s'attèle aujourd'hui à deux œuvres majeures de Bronislava Nijinska. La relecture qu'elle entreprend des Noces et du Bolero, l'amène à une interprétation tant chorégraphique, que dramaturgique et musicale, le devenir des Noces et du Bolero se trouve entre tradition et interprétation, entre traces écrites et inventions chorégraphiques, dans les métamorphoses de la musique et de la danse. 

En 2022, Dominique Brun créée Fugitive Archives pour le CCN - Ballet de Lorraine dans le cadre du programme Pas assez suédois qui célèbre le centenaire des Ballets suédois (1921 - 1925).



François Chaignaud

Né à Rennes, François Chaignaud étudie la danse depuis l’âge de 6 ans. Il est diplômé en 2003 du Conservatoire National Supérieur de Danse de Paris et collabore ensuite auprès de plusieurs chorégraphes, notamment Boris Charmatz, Emmanuelle Huynh, Alain Buffard et Gilles Jobin. Depuis He’s One that Goes to Sea for Nothing but to Make him sick (2004) jusqu’à  Думи мої (2013), il crée des performances dans lesquelles s’articulent danses et chants, dans les lieux les plus divers à la croisée de différentes inspirations. S’y dessinent la possibilité d’un corps tendu entre l’exigence sensuelle du mouvement et la puissance d’évocation du chant, et la convergence de références historiques hétérogènes – de la littérature érotique (Aussi Bien Que Ton Cœur Ouvre Moi Les Genoux, 2008) aux arts sacrés. Ses terrains de recherche s’étendent des précurseurs de la modernité chorégraphique du début du XXème siècle (François Malkovsky, Isadora Duncan) aux avant-gardes actuelles, et des techniques et symboliques du ballet classique aux danses urbaines et non scéniques. Également historien, il a publié aux PUR L’Affaire Berger-Levrault : le féminisme à l’épreuve (1898-1905). Cette curiosité historique le conduit à initier des collaborations diverses, notamment avec la légendaire drag queen Rumi Missabu des Cockettes, le cabarettiste Jérôme Marin (Sous l’ombrelle, en 2011, qui ravive des mélodies oubliées du début du XXème siècle), l’artiste Marie Caroline Hominal (Duchesses, 2009), les couturiers Romain Brau et Charlie Le Mindu, le plasticien Théo Mercier (Radio Vinci Park, 2016), le musicien Nosfell (Icônes, 2016), le photographe Donatien Veismann ou encore le vidéaste César Vayssié. En 2017 il collabore à de nombreux projets, notamment avec l’artiste Brice Dellsperger pour Body Double 35, ou la réouverture du cabaret Madame Arthur.

À l’occasion de La Bâtie-Festival de Genève 2017 François Chaignaud crée en collaboration avec l’artiste Nino Laisné Romances inciertos, un autre Orlando, spectacle autour des motifs de l’ambiguïté de genre dans le répertoire chorégraphique et vocal ibérique présenté lors de la 72ème édition du festival d’Avignon. En mai 2018 il crée également Soufflette une pièce pour le Ballet Carte Blanche (Norvège) en collaboration avec le couturier Romain Brau.

En mai 2019 a eu lieu au Kunstenfestivaldesarts à Bruxelles la première de Symphonia Harmoniæ Cælesitum Revelationum, une recherche sur le chant chrétien antique et autour du répertoire d’Hildegarde de Bingen en collaboration avec Marie-Pierre Brébant. Pour ses futurs projets, François Chaignaud collaborera notamment avec Akaji Maro, Dominique Brun et l’orchestre Les Siècles et imagine une nouvelle coopération avec Geoffroy Jourdain et l’ensemble vocal Les Cris de Paris.





Les porteurs d'ombre

L’association tire son nom d'une phrase de Marcel Duchamp, peintre, plasticien,  homme de lettres qui écrit que la « société anonyme des porteurs d'ombre est représentée par toutes les sources de lumières (soleil, lune, étoiles, bougies, feu –) » et que les artistes sont des « porteurs d'ombre qui travaillent dans l'infra-mince ». Par le choix de son nom, cette association affirme son désir d'inscrire ses projets dans la modernité toujours actuelle de Duchamp préoccupée par le temps et la vitesse, de partager son questionnement sur le mouvement.    

L’association s’attache à la redécouverte de notre patrimoine chorégraphique et musical, non pas d’un point de vue muséal, mais en suscitant la mise en relation entre les archives disponibles et les interprètes d’aujourd’hui. Elle favorise l’utilisation de la cinétographie Laban (système de notation pour la danse), mais aussi de nombreuses sources et archives (partitions, photographies et films d’époque, notes, textes littéraires, croquis, dessins, affiches, tableaux, etc.) qui permettent d’appréhender et de redonner vie à des écritures passées, souvent oubliées. Elle porte un regard résolument contemporain sur ces œuvres d’autrefois et souhaite leur redonner une visibilité au terme d’un travail d’interprétation, ne cherchant pas à « reconstruire » (vaine tentation d’origine) mais plutôt à « réinventer ». Elle s’attache à la constitution d’un nous, ponctuel, forcément provisoire, qui cherche pourtant à définir constamment ses conditions de possibilités d'être ensemble.